Une indétectable coopération

Certaines découvertes n’attendent que d’être faites. En 2012, l’une d’entre elles a été faite sur une dalle de pierre datée de 453 à 458 millions d’années qui reposait dans un musée depuis plus d’un siècle. Sur celle-ci a été découvert une colonie de plancton préhistorique où les espaces occupés par les différents individus sont en fait connectés entre eux. Une particularité unique à cette espèce ou étant passée inaperçue chez les espèces parentes de celle-ci.
Graptolite specimen - Dicranograptus aff. ramosus

Ce que vous observez est un exemple de graptolites. Ce terme d’origine grec signifie “écrit sur la pierre”. Les graptolites sont une classe d’animaux marins (du plancton plus précisément) que l’on pensait éteinte jusqu’à la découverte de l’espèce Cephalodiscus graptolitoides en 1987 en Nouvelle-Calédonie. Ils ont la particularité de vivre en colonie et de construire leur propre super-structure d’attache qui est appelée un rhabdosome, il s’agit de la partie encerclée (en forme de Y) sur l’image ci-dessus. Ce rhabdosome est composé de centaines de petits tubes (les « maisons » individuelles) appelés thecae. Les rhabdosomes sont les seules traces laissées par les grapholites, ceux-ci ayant un corps mou, ils ne se fossilisent pas.

Les rhabdosomes sont le seul moyen de différencier les espèces entres elles. En effet, ils peuvent varier d’un simple tube à de complexe structures en branches ou des motifs structurels selon l’espèce. Également, en fonction de l’espèce, les rhabdosomes peuvent être attachés au fond de l’océan, flotter librement voire être attachés à des algues.

L’espèce présentée ici est supposée être Dicranograptus ramosus qui présente une particularité supplémentaire ayant été négligée pendant le siècle où la dalle de pierre était exposée. Il a été observée qu’il y avait des connections entre les thecae. Il se trouve qu’il existe deux types de connections et que celles-ci varient au sein de la colonie. Il y a celles dite « Hourglass » (Sablier) et les « Strap-like » (similaire à des sangles) .
Colonie de graptolytes avec empahse sur les réseaux connectant les theca

L’image ci-dessus met en avant les contours des connections. Elles pourraient être une indication que différents types d’individus coexistaient au sein de la colonie et ainsi qu’il y ait eu une répartition des tâches au sein de celle-ci. Les thecae étant tous identiques, il est supposé que cette différence n’est pas lié au sexe (dimorphisme).

Imaginez vous combien de découvertes n’attendent que d’être faites sur des fossiles rangés proprement sur les étagères des réserves ou dans les vitrines en exposition ?

Adrien for Sci&Fi, over and out.
Hans pour Sci&Fi, Bien reçu ! Terminé !

Article original (EN) : Adrien
Traduction et adaptation (FR) : Hans

Références :
Zalasiewicz, J.A. et al. (2013) Polymorphic organization in a planktonic graptoloid (Hemichordata: Pterobranchia) colony of Late Ordovician age. Geological magazine. (PDF)
Encyclopedia.com, Graptolithina.
Eurekalet. 2012. Prehistoric builders reveal trade secrets.
Susan Rigby et P. Noel Dilly (1993), Growth Rates of Pterobranchs and the Lifespan of Graptolites, Paleobiology Vol. 19, No. 4 (Lecure en ligne)

Crédits visuels :
Spécimen de Graptolite, Paul Witney, BGS, (c) NERC 2012
Rhabdopleura compacta, Dr. Atsuko Sato, Université d’Oxford.

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