L’actu en Science – 29 octobre

Salut à toutes et à tous,
Cette semaine on parle du fait que la peau tendue d’animal comme style de déco d’intérieur remonterait à, au moins, la Préhistoire ; c’est en tout cas ce que laisse entendre la découverte d’os de lion des cavernes dans une grotte en Espagne. On parle aussi des insectes dans l’alimentation. Acclamé comme le moyen de sauver l’humanité, ils ne semblent malgré tout pas en mesure de satisfaire tous nos besoins pour être en bonne santé. A découvrir plus bas….

Crâne de Panthera spelaea exposé au Muséum de Toulouse

Crâne de Panthera spelaea exposé au Muséum de Toulouse (Crédit : Wikimedia)

Dégriffe sur peau de lion

La relation entre les humains et Panthera spelaea (le lion des cavernes) continue de confondre les archéologues. Au Pléistocène, le lion des cavernes peuplant l’Eurasie, a dû rencontrer nos ancêtres de nombreuses fois voire même entrer en compétition pour l’utilisation des grottes où sapiens s’abritait également. Ce qui est moins clair, c’est pourquoi l’on retrouve, de temps à autre, des restes de lion clairement travaillés par l’Homme. En l’occurrence, dans la grotte de La Garma en Espagne, des archéologues viennent de retrouver 9 os portant les griffes qui présentent des marques. Celles-ci ressemblent étonnamment à celles que les chasseurs ou taxidermistes font lorsqu’ils souhaitent récupérer la peau entière avec les griffes d’un animal. Les archéologues en ont inféré que ces os sont les vestiges d’une peau tendue, qui elle n’a pas survécu au temps.
Si c’était réellement le cas, les questions de savoir si nos ancêtres chassaient le lion et pour quelles raisons se posent. S’agissaient-ils d’une pratique avant tout alimentaire, d’une pratique culturelle (comme la chasse au trophée moderne) voire peut-être spirituelle (la symbolique du lion existait peut-être sous une forme ou une autre).
Il est toutefois possible que les quelques trouvailles de restes de lion des montagnes soient plus liées à des découvertes fortuites d’animaux déjà morts ; les humains préhistoriques auraient donc pu simplement faire usage des dépouilles. Quoi qu’il en soit, il semblerait que la pratique de décoration d’intérieur avec des peaux tendus ait déjà existé à cette époque reculée…

La quantité de fer biodisponible par milligrame d’insecte ou de boeuf (de haut en bas : sauterelle, criquet, vers buffalo, vers de farine et pièce de boeuf. (Crédit : J. Agric. Food Chem.)

Les insectes : est-ce que ça le fer-a ?

C’est l’un des sujets qui revient de manière cyclique sur la toile, le fait que nos descendants, voire peut-être nous mêmes, vont devoir se mettre à la consommation d’insectes car leur conversion d’énergie en calories comestibles est plus élevée et leur besoin en espace bien plus réduit que nos animaux d’élevages traditionnels. Mais sont-ils bon pour la santé au-delà de leur capacité à fournir les calories nécessaires à la survie ? Et notamment, ont-ils le contenu en fer qu’il faut à un humain ? Pour répondre à cette question, une équipe a commencé par complètement dessécher des échantillons de quatres insectes couramment consommés en les comparant à une pièce de boeuf. Ils ont trouvé que seul le criquet pouvait rivaliser avec la composition en minéraux du boeuf.
Avec d’autres échantillons, ils ont ensuite simulé, en laboratoire, le processus de digestion. Ils ont mesuré le taux de fer absorbé (biodisponible) par des cellules humaines ressemblant à celles de notre côlon (là oú les nutriments sont absorbés par le corps). Ils ont noté que le boeuf n’arrivait que deuxième en terme de biodisponibilité du fer, et que le ver de farine arrivait en premier. (Confer image ci-dessus).
En somme, les insectes ne sont pas la panacée du futur de l’alimentation humaine. S’ils restent intéressants en terme de productivité brute, ils n’auront pas forcément les bienfaits de notre alimentation traditionnelle.
Après, même si l’idée ne semble pas très appétissante, nous pourrions (au moins dans un premier temps) le prendre sous l’angle de l’introduction d’encore plus de diversité dans notre alimentation ; il y aurait, à ce propos, environ 1900 espèces d’insectes différents consommés de par le monde selon la FAO.

 

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C’était l’Archeo-ranger pour Sci&Fi, transmission terminée…

Références :
Under the Skin of a Lion: Unique Evidence of Upper Paleolithic Exploitation and Use of Cave Lion (Panthera spelaea) from the Lower Gallery of La Garma (Spain). PlosOne.
In Vitro Iron Availability from Insects and Sirloin Beef. Journal of Agricultural Food and Chemistry.

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