L’actu en Science – 15 novembre

Twitter prendra-t-il le pas sur des sceaux traditionnels de qualité et sur les moyens de diffusions de la recherche scientifique ? On parle aussi d’une invention non révolutionnaire mais efficace pour purifier l’eau.

Twitter, le petit oiseau qui en dit beaucoup

Twitter, le petit oiseau qui en dit beaucoup

Twitter, un indice de citations plus fiable que le facteur d’impact des journaux scientifiques ?

La recherche est un processus qui demande une validation constante du travail qu’elle produit. Et même si des erreurs peuvent se glisser dans ce processus (eh oui, il est arrivé que des articles fallacieux ayant berné les jurys aient été publié avant d’être retirés), cette validation, elle, reste omniprésente. On retrouve donc comme mètre étalon du travail d’un chercheur, ses publications mais surtout les journaux dans lesquels celles-ci sont publiées. Normalement, plus le facteur d’impact d’un journal est important plus la publication soumise a de chance d’être citée et donc d’être valorisée par la suite. Cependant, il semble qu’avec les avancées apportées par les réseaux sociaux, le facteur d’impact d’un journal ne pèse plus autant dans la balance des citations. En effet, en prenant un échantillons de plusieurs articles d’écologie publiés dans des revues “prestigieuses”, il semblerait que sur 5 ans la diffusion de ceux-ci sur Twitter soit un meilleur marqueur que le facteur d’impact du journal pour prévoir le nombre de citations de ceux-ci.

Si il est impossible d’extraire une conclusion définitive de ce seul article, celui-ci amène à plusieurs questions : le futur de la Science et de la recherche ne se situe-t-il pas dans un format de publication et de communication plus en lien avec la multiplicité de publics qu’elles interrogent et interpellent ? Au contraire, le ‘marketing du savoir’ ne tendra-t-il pas occulter des publications de grandes qualités mais foncièrement moins « sexy », d’un anglais plus limité (d’auteurs non anglophone) voire juste écrites de manière moins vendeuse ?

Plaquette de présentation du DipTreat qui force les bactéries à migrer vers le milieu du filtre qui contient un agent antimicrobien, ce système permet de capturer entre 90 et 95% des bactéries présentes dans de l'eau

Plaquette de présentation du DipTreat qui force les bactéries à migrer vers le milieu du filtre qui contient un agent antimicrobien, ce système permet de capturer entre 90 et 95% des bactéries présentes dans de l’eau (Crédits : York University, Media Relations)

Du sucre comme appât pour pêcher les bactéries hors de l’eau

C’est un nouvel outil de filtration de l’eau qui vient d’être présenté et testé et qui, pourtant, n’a rien de compliqué. N’utilisant que des ressources largement disponibles (donc peu onéreuses) et biodégradables, le DipTreat attire les bactéries et les force à passer via une zone enduite de produit antimicrobien.

Ce n’est certainement pas l’invention du siècle mais pourtant sa simplicité fonctionne. Des chercheurs de l’Université de York (Canada) ont mis au point un procédé utilisant une série de trois filtres plats et rectangulaires en papier. La partie qui sera immergée dans l’eau contaminée est recouverte de glucose (du sucre) qui agit comme un appât. En effet, les bactéries ressentent la présence de glucose et se déplacent vers sa source (un processus appelé la chimiotaxie). Après, les chercheurs ont pris avantage du fait que dans ce genre de cas, les bactéries ont tendance à se déplacer à la limite eau-air ; c’est-à-dire à suivre la limite sous laquelle le filtre est mouillé.

La seconde zone est, elle, recouverte d’une molécule antimicrobienne issue des graines du Moringa oleifera, une plante originaire du Sri Lanka. Les bactéries suivant l’interface eau-air sont alors en contact avec les protéines qui les forcent à floculer, c’est-à-dire à former des agglomérats, et donc à s’immobiliser dans les fibres du filtre de papier. Lorsque l’interface eau-air monte encore, elle parvient à une la troisième section couverte de glucose qui permet de continuer à attirer les bactéries présentes dans l’eau vers la zone antimicrobienne.

L’efficacité du processus n’est pas forcément encore au niveau d’autres techniques de purification, telle que la microfiltration ; elle peut tout de même se targuer de soustraire de 90 à 95% des bactéries initialement présentes dans l’échantillon d’eau et ce en 90 minutes. Cette efficacité réduite est à balancer avec le fait qu’une centaine de ces filtres DipTreat coûterait moitié moins qu’un seul outil des technologies concurrentes. Bien que des tests restent à mener pour en augmenter l’efficacité et notamment en eau dure (fortement ionisée qui pourrait interagir avec l’agent antimicrobien), il pourrait présenter un intérêt pour les pays émergents comme solution de filtration, pour les besoins récréationnels (campings par ex.) voire pour nos stations d’épurations. Ce dernier cas pourrait largement bénéficier d’une réduction de ses coûts d’épuration et d’une approche plus durable qu’offre ce filtre.

 

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C’était l’Archeo-ranger et le Conteur pour Sci&Fi, transmission terminée…

Références :
Twitter Predicts Citation Rates of Ecological Research. PlosOne.
Fishing, trapping and killing of Escherichia coli (E. coli) in potable water. Environ. Sci.: Water Res. Technol.

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