L’actu en Science – 15 février

Bienvenue internet,

Bonne année, en retard certes, mais tout de même ! Cette semaine on parle d’une fourmi qui, pardonnez la facétie, a un coléoptère collé au cul. Par ailleurs, l’on se penche aujourd’hui sur un possible lien entre la diminution de la prise de nourriture et le ralentissement du vieillissement, et ce grâce à un meilleur fonctionnement des ribosomes.

N. kronaueri, ne lâchant pas l’affaire, attaché à la base de l’abdomen d’une fourmi légionnaire (crédit : Figure 1C de l’article)

L’auto-stoppeur est un coléoptère

Vous avez peut-être vu passer ces derniers jours cette image d’une fourmi légionnaire (Eciton mexicanum) capable de doubler la puissance de son twerk grâce à un double postérieur. Et vous avez même peut-être appris qu’il ne s’agissait pas d’une facétie de l’évolution mais d’un coléoptère, Nymphister kronaueri, qui s’accroche à la base de l’abdomen pour voyager à l’oeil. Ce que nous raconte finalement cette histoire c’est que parfois de nouvelles espèces sont sous nos yeux mais savent parfois, tels des ninja, se fondre dans leur environnement.

On peut se demander comment la fourmis ne repère pas ce resquilleur un peu trop affectueux. Et bien, ce coléoptère myrmécophile (qui aime les fourmis) possède en réalité des glandes sécrétant des composés apaisant son hôte.

Et si vous vous interrogez sur les raisons qui poussent ce petit arthropode à s’agripper ainsi, il s’agit d’un moyen pour eux de suivre la colonie de fourmis légionnaires dans ces changements de camps régulier. En effet, cette espèce à une relation particulière avec ces fourmis dont elle semble dépendre au point de s’adapter pour mieux la suivre sans que l’on sache encore précisément la relation exacte entre les deux espèces. Ce qui est certain, en revanche, c’est que les colonies de fourmis, non s’en rappeler celles de notre espèce, créent de par leur existence un écosystème complexe au sein duquel évoluent plusieurs autres espèces.

D’ailleurs, l’écosystème qui entoure les civilisations myrmécoles semble au final bien plus complexe et intriqués qu’aux premiers abords. Amenant à s’interroger sur le nombres d’espèces encore à découvrir autour de ces sociétés fourmillantes ? Seul les découvertes futures nous le diront.

Schéma d’un ribosome dont le rôle fondamental est de transcrire l’information contenu dans l’ARNm en chaîne d’acides aminés qui elle même formera une protéine (crédit : wikimedia).

Moins manger pour mieux vivre ?

Et si pour vivre plus longtemps, il fallait juste ne pas se resservir de ce, pourtant appétissant, repas ? L’idée postulant que réduire le nombre de calorie ingérée augmenterait la longévité n’est pas nouvelle. En revanche, il est toujours ardu de trouver quels sont les chaînons liant un comportement à un état physiologique. Une étude portant sur les ribosomes de souris suggère que moins manger allège la tâche des ribosomes et leur laisse le temps de se réparer et ainsi continuer à produire des protéines de qualité. Pour l’instant, rien de tel n’a été prouvé chez sapiens.

C’est en réalité un beau doublé qu’a effectué une équipe de recherche étasunienne. Ils ont démontré de manière irréfutable à la fois que les ribosomes pouvaient être réparés chez les eucaryotes (les organismes qui ne sont ni des bactéries ni des archées) et que, chez la souris en tout cas, cette réparation était améliorée par la restriction calorique.

Les ribosomes, qui contrôlent la synthèse des protéines sont l’un des composants essentiels d’une cellule, utilisant entre 10 et 20 % de l’énergie totale de la cellule. Malgré leur rôle central, il n’était pas clair s’ils étaient réparés ou s’ils étaient  simplement détruits par la cellule lorsqu’ils dysfonctionnaient. En observant les protéines et d’ARN constituant les ribosomes grâce à un marquage au deutérium (de l’hydrogène lourd), ils ont remarqué que des parties essentielles du ribosome étaient effectivement remplacées.

L’autre trouvaille de ces chercheurs est de mettre en relation la restriction calorique avec un changement de métabolisme. Chez les souris recevant moins de nourriture, il a été observé que les cellules avaient une durée de vie plus élevée au prix d’une ribophagie (recyclage d’un ribosome et non sa réparation) très élevée. Vous ai-je perdu ? Mais non, c’est simple. Voici l’hypothèse qui rassemble tous ces éléments.

– Moins de nourriture décroît la pression imposée aux ribosomes de synthétiser plus de protéines

– Leur activité étant moindre, les ribosomes peuvent s’arrêter et se faire réparer ou, s’ils sont trop endommagés, se faire recycler plus rapidement.

– La majorité des ribosomes actifs sont plus efficaces et font moins d’erreurs de traduction.

– Les protéines sont de meilleurs qualités et ne créent pas de problèmes dans la cellule, la longévité de cette dernière s’accroît donc.

Cela revient à dire qu’au prix de l’arrêt d’utilisation de votre véhicule pour le confier à un garagiste, ce dernier en ressortira réparé et plus efficace. Simple, non ? 😉

Attention, toutefois. Le modèle animal dans leurs expériences est la souris, bien qu’étant un mammifère proche de l’homme, il n’est pas dit que cette conclusion soit transposable à notre espèce ; qui plus est,  il n’est même pas certains que cela soit transposable aux eucaryotes en général non plus.

Ceci étant, on vous l’assure, réduire la consommation de McDo ne peut être que bénéfique !

 

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C’était l’Archeo-ranger et le Conteur pour Sci&Fi, transmission terminée…

Références :
von Beeren, C. & Tishechkin, A.K. (2017) Nymphister kronaueri von Beeren & Tishechkin sp. nov., an army ant-associated beetle species (Coleoptera: Histeridae: Haeteriinae) with an exceptional mechanism of phoresy. BMC Zoology.
Mathis, A.D. et al. (2017) Mechanisms of In Vivo Ribosome Maintenance Change in Response to Nutrient Signals. Molecular and cellular Proteomics.

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