La disparition de neanderthalensis, la piste microbienne

Comment les néandertaliens ont-ils disparu ? Cette espèce, si proche de la nôtre, avait également des capacités cognitives avancées et des formes de cultures. A priori, elle n’était pas destinée à disparaître et pourtant…

Homo neanderthalensis, des gens tellement comme nous qu’il est fort probable qu’en plus d’avoir partagé leurs couches nous nous soyons échangés nos microbes. Buste modèle du Smithsonian. (via Wikimedia)

Il existe plusieurs conjectures à ce propos dont la plupart mettent en avant une sorte de compétition entre nos espèces : que ce soit pour le choix des refuges, la chasse des mêmes proies voire la confrontation directe etc. Une thèse alternative, mise en avant par des chercheurs espagnols et étasuniens, met de côté la confrontation et en avant un processus purement biologique, l’immunité aux maladies.

Cette autre hypothèse est nommée « différence de résistance aux pathogènes ». Selon celle-ci, neanderthalensis se serait progressivement éteint du fait d’une moins bonne résistance aux maladies, et potentiellement celles contractées au contact de notre espèce. Entre le moment de nos divergences évolutives, il y a environ 550 mille ans, et quelques 500 mille ans plus tard où nos espèces se sont recroisées, les pathogènes infectant nos ancêtres communs ont eux aussi évolués différemment et chacunes de nos espèces a pu être en contact avec des maladies nouvelles que l’autre espèce n’avait jamais rencontré. Il y a donc beaucoup de chances que le contact de nos deux espèces à la fois génétiquement proches mais ayant été séparées suffisamment longtemps pour développer des maladies nouvelles ait exposé subitement l’autre espèces à des maladies inconnues. Cette hypothèse repose sur l’estimation de la diversité génétique des néandertaliens par rapport à des génomes humains. Ainsi, sur plusieurs gènes liés à la capacité adaptative du système immunitaire, il semblerait que Néandertal ne possédait que moitié moins de diversité que les gènes équivalents chez sapiens .
Ainsi, si l’on admet que nos deux espèces ont été en contact plus ou moins prolongé, ce qui serait le cas puisqu’elles se sont reproduites, que des pathogènes aient été relativement bénins chez notre espèce mais suffisamment virulents chez nos cousins et qu’en plus ces derniers n’aient pas eu la flexibilité (venant d’une plus faible variabilité génétique) immunitaire pour les combattre alors il est possible qu’ils aient succombé à des maladies. Il n’est pas exclu non plus que cette faiblesse immunitaire se soit rajoutée à d’autres phénomènes tels la compétition ou la confrontation avec notre espèce. Quel qu’il en ait été, après 5 ou 6 milles ans de contacts, Homo neandertalensis disparaissait à jamais d’Europe, ne laissant de leur existence que des traces génétiques chez les Caucasiens.

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Source :
Sullivan et al. (2017) An evolutionary medicine perspective on Neandertal extinction.Journal of Human Evolution.

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