Author Archive: Adrien

L’actu en Science – 22 juin

Salut à toutes et à tous,
Cette semaine on couvre le fait que l’acupuncture serait aussi efficace que la pharmacothérapie dans le traitement de certaines douleurs et aussi que la chasse à la fourmi dans la forêt tropical sud-américaine semble être beaucoup plus analogue à un réseau social qu’à une débauche d’opportunisme.

La petite aiguille serait-elle aussi efficace que des petite pilules dans le traitement anti-douleur ? (via Wikimedia)

L’acupuncture, l’anti-douleur sans effet secondaire ?

Dans une grande étude menée dans quatre hôpitaux australiens sur presque 2000 patients, des chercheurs rapportent que, dans certains cas, l’acupuncture pourrait remplacer le traitement analgésique pharmaceutique.

Sur un total de 1964 patients admis entre janvier 2010 et décembre 2011 pour des douleurs aiguës dans le bas du dos, due à une migraine ou suite à une foulure de la cheville, les médecins ont pu observer que la solution pharmaceutique ne valait pas mieux que l’acupuncture. Les patients étaient choisis si il rapportait une douleur de 4 sur une échelle de 10. Une heure après le traitement qu’il soit d’acupuncture, de prise de molécule analgésique ou un mélange des deux, environ 16% des patients se sentaient mieux et un autre 40% ressentait moins de douleurs. L’étonnante observation des chercheurs est qu’il n’y avait aucune différence quel que soit le traitement administré.

Cela ouvre donc potentiellement la porte à l’utilisation plus extensive de l’acupuncture en milieu hospitalier dans le cadre de la gestion de certaines douleurs. En effet, contrairement à des molécules telles que le paracétamol et les produits à base de morphine, l’acupuncture n’aurait pas d’effets secondaires ni de contre-indication.

 

Motmot de Lesson (Momotus lessonii) observé durant les études de terrain (Crédit : Sean O’Donnell/Drexel University)

Une union sans prise de bec

Lorsque une abondante source de friandise ne survient que de manière temporaire et très localisée alors mieux vaut s’organiser pour toujours être au courant. Et c’est exactement ce qui a été observé chez les Motmot de Lesson (photo) et d’autres espèces d’oiseaux se nourrissant de ou grâce aux fourmis.

En un sens, les réseaux sociaux ne sont pas exclusifs aux humains. Au Costa-Rica certaines espèces, tel le Momotus lessonii, s’organisent pour toujours être au courant des “Apéro Tweet” près de chez eux. Ceux-ci ont lieu à l’improviste lorsque les fourmis légionnaires de la région sortent en groupe, pour migrer ou chercher de la nourriture. Celles-ci sont alors des proies aussi nombreuses qu’aléatoires ; certains oiseaux se sont même spécialisés non dans la chasse de fourmis mais dans le vol des proies que ces dernières ont trouvé et ramènent à leur nid. C’est pourquoi il est important pour ces oiseaux de savoir être à l’écoute de leur réseau pour ne pas louper l’aubaine quand elle se présente.

C’est la structure de ces groupes qui a été observé en cherchant à savoir si il y avait un effet de réseau entre et au sein des espèces d’oiseaux. Le chercheur n’a pas mis en évidence de coopérations explicites inter-espèces mais il semble bien que certaines s’évitent alors que d’autres chassent ensemble. Certaines, encore, reconnaissent les cris d’espèces d’oiseaux fourmiliers ayant repéré une colonie et s’invitent au festin. Il a même été observé que des réseaux étaient plus étendus que d’autres. Chez le Fourmilier ocellé (Phaenostictus mcleannani), par exemple, les oiseaux savants ou expérimentés montrent aux pus jeunes où se trouvent les nids de fourmis. C’est donc tout un réseau “sociaux” qui s’est organisé autour de cette source de nourriture abondante mais peu fréquente dont il semble que chacun puisse profiter à condition d’être à l’écoute.

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Explorons le passé, interrogeons le présent et rêvons le futur sur Sci&Fi.
C’était l’Archeo-ranger et le Conteur pour Sci&Fi, transmission terminée…

Référence :
Cohen et al. (2017) Acupuncture for analgesia in the emergency department: a multicentre, randomised, equivalence and non-inferiority trial. Medical Journal of Australia.
O’Donnell (2017) Evidence for facilitation among avian army-ant attendants: specialization and species associations across elevations. BioTropica.

L’actu en Science – 15 juin

Salut à toutes et à tous,

que dire ? Nous avons été beaucoup absents mais Sci&Fi nous manquait alors nous avons décidé de remettre nos casquettes respectives. L’Archeoranger et le Conteur sont donc de retours et ont décidé de redémarrer sur quelques actualités scientifiques. Cette semaine sont abordés l’utilisation de la digitalisation 2.0 afin de reconstruire des réseaux culturels et commercials du passé, la dangerosité insoupçonnée des feux de forêts et enfin la capacité du règne microscopique à communiquer entre espèces différentes. Bonne lecture.

La place San Marco à Venise, peinture par F. Guardi, 18e Siècle (via Wikimedia)

La Venise passée comme si vous y étiez

Voyager dans le temps reste un fantasme encore inaccessible si ce n’est dans l’imaginaire que l’on retrouve dans la science-fiction. Cependant, les technologie actuelles nous permettent de mimer cette expérience. Cela demande de développer une connaissance détaillée de l’histoire du lieu et de l’époque que l’on souhaite découvrir.

C’est d’ailleurs l’une des promesses du projet en développement par l’équipe du Laboratoire des Humanités Digitales de l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne. Celui-ci se repose sur l’analyse des registres et différentes sources d’informations sur la ville de Venise et son activité sur une période d’environ mille ans, de sa Sérénissime République à aujourd’hui. Cela étant aujourd’hui possible grâce aux technologies modernes qui offrent la possibilités d’analyser des volumes sans les ouvrir (et donc de potentiellement les endommager) pour récupérer des versions numérisées de chaque page ainsi que d’automatiser la digitalisation des informations et de les corréler entre-elles via l’apprentissage machine (s’appuyant sur une intelligence artificielle capable d’apprendre grâce à un réseau de neurones artificiels).

Si ce projet aboutit, il offrirait non seulement des informations sur l’Histoire mais également l’état des réseaux à différentes époques : on pense évidemment à l’évolution des marchés et routes commerciales mais plus surprenamment la propagation de maladie par exemple. Ce projet a pour objectif lointain d’offrir la possibilité à d’autres grands centres commerciaux et culturels de faire de même afin de virtuellement reconstruire la tapisserie des réseaux d’échanges économique, culturelle et sanitaire au cours du temps en Europe puis par extension aux autres continents.

Cependant il est important de rappeler qu’il ne s’agit pour l’instant que d’un projet aux objectifs ambitieux. Il sera donc intéressant d’en suivre le déroulement  dans l’espoir de le voir atteindre ses objectifs et peut-être bien plus.

(suite…)

L’Evolution en marche : des Blennies sortent de l’eau

Récemment, en regardant je ne sais plus quelle vidéo sur le net, j’ai eu le malheur d’en regarder les commentaires. Quelle n’a été ma surprise lorsque j’ai pu y lire des personnes (en français, hein !) qui émettaient des doutes sur la Théorie de L’Evolution. Les personnes émettant ces avis se basaient en grande partie sur le fait qu’elle n’était qu’une « théorie ». En effet, dans le référentiel du langage commun (par opposition à scientifique) une théorie ne serait qu’une « connaissance que purement spéculative » (Définition du Larousse). Outre l’envie de me taper la tête contre un mur face à cette bêtise, je me dois ici de placer une citation de notre cher Neil deGrasse Tyson :

« The good thing about science is that it’s true whether or not you believe in it.

Autrement dit, la science est véridique que vous y croyez ou non. Je le répète, que vous fermiez les yeux, que vous choisissiez de ne pas croire aux faits, ces phénomèmes existent ; ils se passent d’ailleurs bien de votre opinion. Est-ce que présenter des cas ou la théorie de l’évolution est manifeste peut aider certain(e)s à comprendre leur erreur ? Espérons.

Trois des quatres espèces de Blennies en cours d’évolution. les deux premières sont amphibies alors que la troisième est maintenant plus ou moins « terrestre » en restant dans la zone supra-littoral. (crédits : C. J. Fulton, Figure A1 de l’article originel)

Coincidence, il se trouve que quelque jours plus tard je trouvais un article sur des espèces en « cours d’évolution » ; des poissons qui commençait à faire une transition entre la mer et la terre…

C’est, en effet, l’une des grandes étapes dans l’évolution de la vie sur notre planète, environ 90 millions d’années après la colonisation de la terre ferme par les premières proto-plantes, les premiers animaux ont suivi la colonisation de cet espace alors inhabité, et pourtant l’on en sait que peu de choses sur les raisons de cette transition. Qu’est-ce qui a pu pousser des créatures aquatiques à émerger ? Il faut le rappeler les espèces aquatiques respirent via des branchies ou tout du moins dépendent de l’oxygène dissout dans l’eau, adaptée à la vie marine leur peau se déssèche très rapidement et que dire de la reproduction ? Il y a fort à parier que vous avez déjà vu des oeufs de poissons ou de grenouilles, fragiles, sans coquilles. Ainsi, les espèces ont du adapter absolument tout leur mode de fonctionnement afin de s’adapter à un milieu aérien où tout peut se dessécher… Les hypothèses sont multiples mais par un hasard des choses, il est en une, au moins, qui soit démontrable car une évolution mer-terre se produit en ce moment même, à notre époque.

Dans l’archipel des îles Cook (Océan Pacifique), on trouve quatre espèces de poissons assez particuliers. De la famille des Blenniidae dont le nom vernaculaire est Blennies à dents de peignes, quatre espèces de quatre genres différents ont la faculté de survivre pendant un certain temps en dehors de l’eau. L’une d’entre elle (Alticus simplicirrus) ne passe presque plus de temps dans l’eau et préfère rester dans la zone supra-littoral. Cette dernière est la zone qui n’est inondée qu’en cas exceptionnels mais reçoit continuellement des embruns, elle reste donc humide en permanence.

En fait, il est généralement dur de déterminer pourquoi une espèce est poussée à changer d’environnement. Dans leurs cas, une équipe de recherche à effectuer un simple test avec des faux poissons en latex avec des motifs colorés ressemblant à ceux typiques des espèces mentionnées. Ils ont positionnés ces faux dans différentes zones où les blennies sont observés ; ces poissons, comme on le voit sur l’image ci-contre, ont les couleurs et les motifs adaptés pour se fondre sur les rochers. En laissant les faux pendant trois jours sur place, les scientifiques ont pu constater lesquels avaient des traces de morsures ou de déchiquetages laissés par des prédateurs. De cela, l’équipe en a a conclu que cette adaptation à la terre ferme leur permet de survivre bien au-delà de la zone oú leurs prédateurs, eux, peuvent survivre. La majeure partie des Blennies factices posés dans l’estran (la zone entre les marées hautes et basses) s’étaient fait croqués alors qu’une toute petite fraction d’entre eux avait été attaquée par des oiseaux dans la zone supra-littoral. Ainsi, en somme, leur choix de s’échouer volontairement dans un zone non-inondée à marée haute leur permet de survivre bien mieux.

Mais ce que l’on observe ici est assez étonannt puisque ces espèces ne possèdent aucun trait leur facilitant la vie sur la terre ferme. En effet, elles respirent toujours par leur branchie (et dans une certaine mesure par leur peau), elles doivent à minima rester humide pour ne pas souffrir et leur alimentation est constituée d’algues microscopiques qui doivent elles aussi être régulièrement humectées. On le voit bien, ces espèces n’ont pas de capacités particulières pour le moment. Il est en revanche possible que, les générations passant, de nouveaux traits émergent rendant leur vie dans cette zone plus facile. Cela n’en reste pas moins un cas d’évolution en cours. Ce cas-ci est facile car il est possible de déterminer que ces espèces proviennent de la zone supra-littoral où d’autres espèces de cette famille n’ont pas fait la transition vers la terre et il est facile de comprendre que la pression exercée par les prédateurs a pu favoriser ce comportement d’évitement. Un exemple rare et surtout actuel de transition entre la mer et la terre qui permet par la même de penser que la première espèce de poissons (telle le Tiktaalik, l’un des possible ancêtres communs aux tétrapodes) à avoir émerger de l’eau l’aurait fait afin d’échapper à ses prédateurs.

Si jamais l’on vous rétorque qu’il n’y pas de preuves de la Théorie de l’Evolution, vous pourrez toujours renvoyer le malappris à cet exemple.

Le Tiktaalik, l’une des possibles espèces qui fait le lien entre les poissons et le reste des animaux terrestres. C’est ‘un des candidats d’ancêtre commun des tétrapodes. Comme les Blennies actuels il aurait pu sortir de l’eau et utiliser la zone supra-littoral de manière temporaire afin d’échapper à ses prédateurs (crédit : wikimédia).

Si vous avez aimé cet article, venez me le dire sur twitter : @ArcheoRanger

Explorons le passé, interrogeons le présent et rêvons le futur sur Sci&Fi.
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Référence :
Ord, T. et al. (2017) Ecological Release from Aquatic Predation Is Associated with the Emergence of Marine Blenny Fishes onto Land. The American Naturalist.

 

L’actu en Science – 28 février

Salut à toutes et à tous,

cette semaine on en remet une couche sur l’alimentation et la santé (cf. nos actualités du 15 février), mais cette fois-ci on rapporte une étude qui tend à démontrer que les organismes de santé publique pourrait économiser beaucoup d’argent si un système de taxes et de subventions étaient employées sur certains aliments ce qui, à priori, orienterait le choix des consommateurs vers des aliments moins problématiques pour la santé. On parle aussi de Zealandia, une nouvelle masse continentale qui crée des remous dans la communauté des géologues !

Le sucre, une molécule dont l’abus (intentionnel ou non) conduit à bien des maladies au même titre que certains acides gras et bien d’autres molécules présentes dans nos produits d’alimentation modernes (Crédits : UWE Hermann via Flickr)

Subventions au secours de la santé ?

Nous sommes tous au courant que nos habitudes alimentaires, dans les pays industrialisés du moins, conduisent un bon nombre d’entre nous à développer des maladies pourtant évitables : on peut notamment penser aux diabètes de type 2 ou aux obésités, par exemple. Des chercheurs Australiens se sont penchés sur la question suivante : si les aliments sains étaient subventionnés alors que les aliments nocifs étaient davantage taxés, que se passerait-il ?

Ils ont, pour répondre à cette question, effectué une modélisation comprenant les maladies liées à l’alimentation, les coûts pour la santé publique et les fluctuations des prix. Les auteurs rapportent que ce qui aurait l’impact le plus positif sur la santé des consommateurs serait une taxation sur le sucre suivie d’une taxation sur le sel. Selon ce même modèle, subventionner les fruits et les légumes n’aurait, à priori pas un impact fort sur la santé mais permettrait de rétablir l’équilibre budgétaire des consommateurs. Ce type de modélisation est encore limitée par le fait qu’elle n’inclut pas tous les choix possibles (viandes et poissons notamment) et ne permet pas vraiment de distinguer comment modifier le prix de certains produits de base affecterait celui de certains produits dérivés ou tout-préparés. Donc ce n’est encore qu’un début de piste dans cette direction.

Il reste, par ailleurs, des problèmes majeurs dans cette approche qui est somme tout utopique. Les aliments et les portions préconisés par le gouvernement sont-ils nécessairement bons pour la santé ? Il est bien connu que les guides nutritionnels varient en fonction des pays et en plus ceux-ci changent au fur et à mesure des années. Qui plus est, on est en mesure de se questionner sur l’existence de conflits d’intérêts. Certains de ces guides pourraient être influencés par des facteurs économiques ou politiques, voire du lobbying de certains groupes agro-industriels. Ainsi, une approche utopique d’orientation de notre consommation est à prendre avec précaution : qui fixerait les règles nutritionnels et les quotas ? Quels produits pourraient bénéficier de ces subventions (produits transformés ou bruts) ? Qui auraient le consommateur, donc l’humain, comme préoccupation et non d’autres intérêts ? Qui vérifierait le bien-fondé de ces décisions ? Autant de questions à méditer…

Un article intéressant sur un sujet connexe a été écrit par Le Monde tout récemment sur la guerre des prix entre distributeurs et fournisseurs : Guerre des Prix, tensions dans les négociations entre grande distribution et producteurs. Changer pour le mieux, médicalement parlant, nos habitudes alimentaires par le biais des lois est intéressant mais comme on le voit les intérêts économiques entraînent déjà des dérives.

(suite…)

Les mammouths, victimes de pluies de diamants, ou pas

Juste avant le début de la période géologique actuelle, l’Holocène, le climat mondial est passé par plus d’un millénaire de glaciation. L’une des théories sur la cause de cette glaciation postule qu’une ou plusieurs comètes se seraient écrasées sur Terre, entraînant des réactions en chaînes conduisant à un refroidissement soudain de la planète et entraînant la disparition des mammouths et d’autres représentant de la mégafaune. Les défenseurs de cette théorie tiennent pour preuve la découverte de trois sortes de « nano-diamants » dont l’origine serait traçable à la collision de corps célestes soient entre eux soient avec la Terre, laissant envisager qu’une pluie de minuscule diamants ait pu s’abattre sur l’Amérique du Nord…

La comète Clovis

L’hypothèse a du charme, son récit d’une ampleur biblique, écoutez donc, ô voyageurs du web fatigués :

Une comète dans le ciel (via Wikimedia)

« Nous sommes en Amérique du Nord, il y a voilà 13 000 ans, le ciel s’embrase alors qu’une boule de feu tombe sur la Terre. Dans le lointain, un bruit sourd résonne sur les plaines, c’est la Terre, scarifiée, qui gémit ; des bourrasques de vent d’une violence inouïe se font sentir à des centaines de lieues. En peu de temps, le ciel s’obscurcit de matériaux pulvérisés dans la collision, l’apocalypse s’annonce. De gigantesques feux s’allument spontanément de toutes parts dans les grandes Prairies, les hordes de mammouths, en panique, fuient. Vains efforts pour s’échapper à la furie du ciel, comme des grêlons, s’abattent sur les herbivores impuissants des projectiles minuscules mais plus durs que l’acier. Pénétrant même leur cuir si robuste et jusqu’au plus profond de leur chair, les mammouths s’affaissent les uns après les autres ; c’est le triomphe du petit sur le géant, David contre Goliath ! Ceux qui avaient survécu à ce déluge lithique perdirent la vie dans l’embrasement des plaines qui autrefois les nourrissait. Ainsi s’achève la domination, ad vitam æternam, des plaines par ces pachydermes d’un autre âge alors que par miracle l’Homme, lui, parvient à échapper à cet enfer ».

Voici la version (à peine romancée et agrémentée par mes soins) de l’Histoire à laquelle certains chercheurs croient pour expliquer la chute des températures mondiales en particulier dans l’hémisphère nord il y a 12 700 ans. Selon l’hypothèse de la comète de Clovis, aussi appelée l’hypothèse de l’Impact Cosmique du Dryas Récent, ils postulent qu’une comète, ou plusieurs tombant en pluie, serait à l’origine d’une longue série de dérèglements climatiques, pendant une période géologique appelé le Dryas Récent.

Le Dryas Récent : la dernière glaciation

Plantons le décor : (suite…)

L’actu en Science – 15 février

Bienvenue internet,

Bonne année, en retard certes, mais tout de même ! Cette semaine on parle d’une fourmi qui, pardonnez la facétie, a un coléoptère collé au cul. Par ailleurs, l’on se penche aujourd’hui sur un possible lien entre la diminution de la prise de nourriture et le ralentissement du vieillissement, et ce grâce à un meilleur fonctionnement des ribosomes.

N. kronaueri, ne lâchant pas l’affaire, attaché à la base de l’abdomen d’une fourmi légionnaire (crédit : Figure 1C de l’article)

L’auto-stoppeur est un coléoptère

Vous avez peut-être vu passer ces derniers jours cette image d’une fourmi légionnaire (Eciton mexicanum) capable de doubler la puissance de son twerk grâce à un double postérieur. Et vous avez même peut-être appris qu’il ne s’agissait pas d’une facétie de l’évolution mais d’un coléoptère, Nymphister kronaueri, qui s’accroche à la base de l’abdomen pour voyager à l’oeil. Ce que nous raconte finalement cette histoire c’est que parfois de nouvelles espèces sont sous nos yeux mais savent parfois, tels des ninja, se fondre dans leur environnement.

On peut se demander comment la fourmis ne repère pas ce resquilleur un peu trop affectueux. Et bien, ce coléoptère myrmécophile (qui aime les fourmis) possède en réalité des glandes sécrétant des composés apaisant son hôte.

Et si vous vous interrogez sur les raisons qui poussent ce petit arthropode à s’agripper ainsi, il s’agit d’un moyen pour eux de suivre la colonie de fourmis légionnaires dans ces changements de camps régulier. En effet, cette espèce à une relation particulière avec ces fourmis dont elle semble dépendre au point de s’adapter pour mieux la suivre sans que l’on sache encore précisément la relation exacte entre les deux espèces. Ce qui est certain, en revanche, c’est que les colonies de fourmis, non s’en rappeler celles de notre espèce, créent de par leur existence un écosystème complexe au sein duquel évoluent plusieurs autres espèces.

D’ailleurs, l’écosystème qui entoure les civilisations myrmécoles semble au final bien plus complexe et intriqués qu’aux premiers abords. Amenant à s’interroger sur le nombres d’espèces encore à découvrir autour de ces sociétés fourmillantes ? Seul les découvertes futures nous le diront.

(suite…)

L’érection la plus longue de l’Histoire

Qui est donc ce compétiteur pédantesque qui veut s’arroger un tel exploit, qui est ce recordman sur le podium de la vanité des mâles Homo Sapiens ?
Un faucheux, faucheur de record…

Vieux de 99 millions d’années et préservés dans de l’ambre, dôté d’un pénis long comme la moitié de son corps, ce malchanceux mâle de l’espèce éteinte Halitherses grimaldii a été retrouvé dans une position plutôt embarrassante.

penis-fossilise-de-faucheux

Fossile de Halitherses grimaldii et gros plan sur son érection. Sur a) la barre représente 1 mm et la flèche pointe vers le pénis du faucheux et sur b) la barre représente 0.2 mm. Figure 1 de l’article original.

Chez les membres (suite…)

L’OFS, le nouveau savon écologique, renouvelable et rentable : une mini révolution ?

Un nouveau procédé de création de savon est actuellement en train d’être testé et les perspectives en termes de coûts économique et environnementale sont impressionnantes, ce serait un belle correction de trajectoire dans notre société déjà, ô combien, polluante. On pourrait se débarrasser de 6 à 22% des molécules dans nos produits d’entretien et d’hygiène corporelle qui se trouvent être à la fois gourmandes en énergie à synthétiser et aussi de grosses sources de pollution (au phosphate notamment). Un coup double rendu possible par une petite mais significative avancée dans le design même de la molécule de savon.

Mais commençons par faire quelque rappels, voulez-vous ? Une molécule de savon (dite tensioactive pour être exact), c’est, en gros, une jonction de deux groupements chimiques. D’un côté, un groupement hydrophile (c’est à dire miscible dans l’eau) et de l’autre un groupement hydrophobe (c’est à dire attiré par les corps gras/huileux). Ainsi, une molécule de savon peut à la fois se lier aux tâches sur les vêtements et être soluble dans l’eau ; ainsi lorsque vous videz l’eau de la machine, les corps gras/huileux sont emportés avec car ils sont liés au savon. Ça c’est la base du fonctionnement de nos produits détergents et d’hygiène.

Structure de la nouvelle molécule de savon en cours de développement et de tests de foncitonnalité (crédit : ACS Central Science).

Structure de la nouvelle molécule de savon en cours de développement et de tests de fonctionnalités (crédit : ACS Central Science).

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L’actu en Science – 8 novembre

Salut à toutes et à tous,
En 2025, vous préféreriez a) mourir du cancer du pancréas ou b) succomber aux chaleurs ou aux froids extrêmes ? Choix Cornéliens, s’il n’en est.

Nous accusons un petit retard dans les actualités puisque nous étions tous deux en vacances et donc personne n’était resté derrière pour s’occuper des actualités !
Alors aujourd’hui l’Archéoranger vous présente deux projections qui sans vouloir vous paraitre trop alarmiste, devrait nous faire réfléchir sur l’URGENCE de faire bouger nos classes politiques au delà des tables rondes et des serrages de paluches lors des COP 21, 22 etc. On peut aussi ne rien faire et assister au cataclysme qui attend les secteurs de la santé publique et de l’environnement. A bon entendeur, salut.

Le cancer du pancréas, un fléau qui gagne du terrain

Le cancer du pancréas, un fléau qui va dramatiquement gagner du terrain pour supplanter le cancer du sein sur le podium des cancers les plus néfastes.

Le cancer du pancréas va gagner du terrain

Une étude portant sur la projection des cas de cancers du pancréas prévoit une augmentation dramatique des cas en Europe. Avec des taux variant selon les pays (voir carte ci-dessus), l’estimation moyenne est une augmentation de 50% de cas par rapport à 2010, on passerait dès lors de 76 000 cas à 111 500. Selon les projections, le cancer du pancréas supplantera le cancer du sein (qui lui connaitrait une décroissance légère) à la troisième place des cancers les plus mortels, mais sera toujours devancé par les cancers des poumons et colorectal. Selon l’organisation United European Gastroenterology (UEG) association, les deux problèmes majeurs de cette avancée est la mauvaise connaissance des symptômes liés à ce cancer et donc un dépistage plus lent ainsi que le manque d’alternatives dans son traitement ; pour le moment, seule une opération peut sauver un patient. La progression de ce cancer est alarmante car aucunes réelles avancées scientifiques n’ont été faites en 40 ans et le taux de mortalité s’accroit d’année en année. Un chiffre qui fait froid dans le dos : au moment de son diagnose, le taux de survie médian (autant de gens qui meurent avant qu’après) est de 4,6 mois. Malgré cela, la recherche sur le cancer du pancréas recevrait moins de 2% des fonds totaux alloués à la recherche sur les cancers.
L’UEG a, à ce propos, fait une vidéo d’informations sur le cancer du pancréas qui résume les points que nous avons mentionné ici : Pancreatic Cancer: Stuck in the 1970s.
A partager avec vos proches !!

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L’actu en Science – 29 octobre

Salut à toutes et à tous,
Cette semaine on parle du fait que la peau tendue d’animal comme style de déco d’intérieur remonterait à, au moins, la Préhistoire ; c’est en tout cas ce que laisse entendre la découverte d’os de lion des cavernes dans une grotte en Espagne. On parle aussi des insectes dans l’alimentation. Acclamé comme le moyen de sauver l’humanité, ils ne semblent malgré tout pas en mesure de satisfaire tous nos besoins pour être en bonne santé. A découvrir plus bas….

Crâne de Panthera spelaea exposé au Muséum de Toulouse

Crâne de Panthera spelaea exposé au Muséum de Toulouse (Crédit : Wikimedia)

Dégriffe sur peau de lion

La relation entre les humains et Panthera spelaea (le lion des cavernes) continue de confondre les archéologues. Au Pléistocène, le lion des cavernes peuplant l’Eurasie, a dû rencontrer nos ancêtres de nombreuses fois voire même entrer en compétition pour l’utilisation des grottes où sapiens s’abritait également. Ce qui est moins clair, c’est pourquoi l’on retrouve, de temps à autre, des restes de lion clairement travaillés par l’Homme. En l’occurrence, dans la grotte de La Garma en Espagne, des archéologues viennent de retrouver 9 os portant les griffes qui présentent des marques. Celles-ci ressemblent étonnamment à celles que les chasseurs ou taxidermistes font lorsqu’ils souhaitent récupérer la peau entière avec les griffes d’un animal. Les archéologues en ont inféré que ces os sont les vestiges d’une peau tendue, qui elle n’a pas survécu au temps.
Si c’était réellement le cas, les questions de savoir si nos ancêtres chassaient le lion et pour quelles raisons se posent. S’agissaient-ils d’une pratique avant tout alimentaire, d’une pratique culturelle (comme la chasse au trophée moderne) voire peut-être spirituelle (la symbolique du lion existait peut-être sous une forme ou une autre).
Il est toutefois possible que les quelques trouvailles de restes de lion des montagnes soient plus liées à des découvertes fortuites d’animaux déjà morts ; les humains préhistoriques auraient donc pu simplement faire usage des dépouilles. Quoi qu’il en soit, il semblerait que la pratique de décoration d’intérieur avec des peaux tendus ait déjà existé à cette époque reculée…

(suite…)