Archives de mots clés: alimentation

L’actu en Science – 28 février

Salut à toutes et à tous,

cette semaine on en remet une couche sur l’alimentation et la santé (cf. nos actualités du 15 février), mais cette fois-ci on rapporte une étude qui tend à démontrer que les organismes de santé publique pourrait économiser beaucoup d’argent si un système de taxes et de subventions étaient employées sur certains aliments ce qui, à priori, orienterait le choix des consommateurs vers des aliments moins problématiques pour la santé. On parle aussi de Zealandia, une nouvelle masse continentale qui crée des remous dans la communauté des géologues !

Le sucre, une molécule dont l’abus (intentionnel ou non) conduit à bien des maladies au même titre que certains acides gras et bien d’autres molécules présentes dans nos produits d’alimentation modernes (Crédits : UWE Hermann via Flickr)

Subventions au secours de la santé ?

Nous sommes tous au courant que nos habitudes alimentaires, dans les pays industrialisés du moins, conduisent un bon nombre d’entre nous à développer des maladies pourtant évitables : on peut notamment penser aux diabètes de type 2 ou aux obésités, par exemple. Des chercheurs Australiens se sont penchés sur la question suivante : si les aliments sains étaient subventionnés alors que les aliments nocifs étaient davantage taxés, que se passerait-il ?

Ils ont, pour répondre à cette question, effectué une modélisation comprenant les maladies liées à l’alimentation, les coûts pour la santé publique et les fluctuations des prix. Les auteurs rapportent que ce qui aurait l’impact le plus positif sur la santé des consommateurs serait une taxation sur le sucre suivie d’une taxation sur le sel. Selon ce même modèle, subventionner les fruits et les légumes n’aurait, à priori pas un impact fort sur la santé mais permettrait de rétablir l’équilibre budgétaire des consommateurs. Ce type de modélisation est encore limitée par le fait qu’elle n’inclut pas tous les choix possibles (viandes et poissons notamment) et ne permet pas vraiment de distinguer comment modifier le prix de certains produits de base affecterait celui de certains produits dérivés ou tout-préparés. Donc ce n’est encore qu’un début de piste dans cette direction.

Il reste, par ailleurs, des problèmes majeurs dans cette approche qui est somme tout utopique. Les aliments et les portions préconisés par le gouvernement sont-ils nécessairement bons pour la santé ? Il est bien connu que les guides nutritionnels varient en fonction des pays et en plus ceux-ci changent au fur et à mesure des années. Qui plus est, on est en mesure de se questionner sur l’existence de conflits d’intérêts. Certains de ces guides pourraient être influencés par des facteurs économiques ou politiques, voire du lobbying de certains groupes agro-industriels. Ainsi, une approche utopique d’orientation de notre consommation est à prendre avec précaution : qui fixerait les règles nutritionnels et les quotas ? Quels produits pourraient bénéficier de ces subventions (produits transformés ou bruts) ? Qui auraient le consommateur, donc l’humain, comme préoccupation et non d’autres intérêts ? Qui vérifierait le bien-fondé de ces décisions ? Autant de questions à méditer…

Un article intéressant sur un sujet connexe a été écrit par Le Monde tout récemment sur la guerre des prix entre distributeurs et fournisseurs : Guerre des Prix, tensions dans les négociations entre grande distribution et producteurs. Changer pour le mieux, médicalement parlant, nos habitudes alimentaires par le biais des lois est intéressant mais comme on le voit les intérêts économiques entraînent déjà des dérives.

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L’actu en Science – 29 octobre

Salut à toutes et à tous,
Cette semaine on parle du fait que la peau tendue d’animal comme style de déco d’intérieur remonterait à, au moins, la Préhistoire ; c’est en tout cas ce que laisse entendre la découverte d’os de lion des cavernes dans une grotte en Espagne. On parle aussi des insectes dans l’alimentation. Acclamé comme le moyen de sauver l’humanité, ils ne semblent malgré tout pas en mesure de satisfaire tous nos besoins pour être en bonne santé. A découvrir plus bas….

Crâne de Panthera spelaea exposé au Muséum de Toulouse

Crâne de Panthera spelaea exposé au Muséum de Toulouse (Crédit : Wikimedia)

Dégriffe sur peau de lion

La relation entre les humains et Panthera spelaea (le lion des cavernes) continue de confondre les archéologues. Au Pléistocène, le lion des cavernes peuplant l’Eurasie, a dû rencontrer nos ancêtres de nombreuses fois voire même entrer en compétition pour l’utilisation des grottes où sapiens s’abritait également. Ce qui est moins clair, c’est pourquoi l’on retrouve, de temps à autre, des restes de lion clairement travaillés par l’Homme. En l’occurrence, dans la grotte de La Garma en Espagne, des archéologues viennent de retrouver 9 os portant les griffes qui présentent des marques. Celles-ci ressemblent étonnamment à celles que les chasseurs ou taxidermistes font lorsqu’ils souhaitent récupérer la peau entière avec les griffes d’un animal. Les archéologues en ont inféré que ces os sont les vestiges d’une peau tendue, qui elle n’a pas survécu au temps.
Si c’était réellement le cas, les questions de savoir si nos ancêtres chassaient le lion et pour quelles raisons se posent. S’agissaient-ils d’une pratique avant tout alimentaire, d’une pratique culturelle (comme la chasse au trophée moderne) voire peut-être spirituelle (la symbolique du lion existait peut-être sous une forme ou une autre).
Il est toutefois possible que les quelques trouvailles de restes de lion des montagnes soient plus liées à des découvertes fortuites d’animaux déjà morts ; les humains préhistoriques auraient donc pu simplement faire usage des dépouilles. Quoi qu’il en soit, il semblerait que la pratique de décoration d’intérieur avec des peaux tendus ait déjà existé à cette époque reculée…

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