Tag Archive: Archéologie

Gants de boxe romains sortis de terre

L’été dernier (2017) des archéologues de la Fondation Vindolandia, en Angleterre, auraient découvert les premiers gants de boxes intacts datant de la période romaine.

Gros plan sur les deux « gants de boxes » romains en exposition au musée de la Fondation Vindolandia. Ces deux exemples ne forment pas une paire car ils sont de design et de tailles différents (Crédit : Vindolandia Chraitable Trust).

A mi-chemin entre des gants et un bandage pour les mains, ces artefacts ont été retrouvé dans des barraquements de cavalerie romaine, non loin du mur d’Hadrien mais datant d’avant sa construction. Ces deux cestes (caestus en latin) sont similaires de par leur fabrication : du cuir de bonne qualité plié puis cousu laissant l’espace intérieur creux pour être rembourré. Malheureusement, ces deux gants ne forment pas une paire car ils ont des tailles et styles différent. Le plus gros des deux (à gauche sur la photo) était rembourré de matériaux mous pour absorber les chocs. Les archéologues pensent qu’au vu de sa taille trop allongée et son degrée d’usage, il n’était plus utilisable. Le plus petit (à droite sur la photo), en revanche, parait moins abîmée et porte d’ailleurs toujours les marques des jointures du soldat qui l’utilisait. Contrairement au premier, celui-ci est renforcé par des lanières de cuir torsadées.

La statue du « Pugiliste des thermes ». Le plus intéressant sont les « cestes » (caestus en latin) qu’il porte au main et qui sont renforcé de métal. Le pugilat est un ancêtre direct de la boxe anglaise (via Wikimedia).

Selon les archéologues, ces gants servaient aux soldats de la garnison stationnée sur place. Non seulement la pratique du pugilat, qui n’est au final qu’une forme ancestrale de la boxe anglaise moderne (poings seulement), permettait de rester en forme mais également d’organiser des tournois où les spectateurs pariaient sur l’issue du combat et donc constituait probablement une forme de distraction. Pour les compétitions réelles comme les Olympiades ou les Jeux de Cirque, les cestes étaient renforcés par des plaques de métal (photo ci-dessus). Dans ce contexte, il est probable que ceux qui ont été retrouvé ne servaient qu’aux entraînements ou étaient le seul style autorisé dans les garnisons ; après tout des soldats borgnes seraient moins à même de mener à bien leurs tâches.

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Explorons le passé, interrogeons le présent et rêvons le futur sur Sci&Fi.
C’était l’Archeo-ranger pour Sci&Fi, transmission terminée…

Source :
Rare Ancient Roman Boxing Gloves Uncovered at Vindolanda. Communiqué de Presse de la Vindolandia Charitable Trust.

L’actu en Science – 29 octobre

Salut à toutes et à tous,
Cette semaine on parle du fait que la peau tendue d’animal comme style de déco d’intérieur remonterait à, au moins, la Préhistoire ; c’est en tout cas ce que laisse entendre la découverte d’os de lion des cavernes dans une grotte en Espagne. On parle aussi des insectes dans l’alimentation. Acclamé comme le moyen de sauver l’humanité, ils ne semblent malgré tout pas en mesure de satisfaire tous nos besoins pour être en bonne santé. A découvrir plus bas….

Crâne de Panthera spelaea exposé au Muséum de Toulouse

Crâne de Panthera spelaea exposé au Muséum de Toulouse (Crédit : Wikimedia)

Dégriffe sur peau de lion

La relation entre les humains et Panthera spelaea (le lion des cavernes) continue de confondre les archéologues. Au Pléistocène, le lion des cavernes peuplant l’Eurasie, a dû rencontrer nos ancêtres de nombreuses fois voire même entrer en compétition pour l’utilisation des grottes où sapiens s’abritait également. Ce qui est moins clair, c’est pourquoi l’on retrouve, de temps à autre, des restes de lion clairement travaillés par l’Homme. En l’occurrence, dans la grotte de La Garma en Espagne, des archéologues viennent de retrouver 9 os portant les griffes qui présentent des marques. Celles-ci ressemblent étonnamment à celles que les chasseurs ou taxidermistes font lorsqu’ils souhaitent récupérer la peau entière avec les griffes d’un animal. Les archéologues en ont inféré que ces os sont les vestiges d’une peau tendue, qui elle n’a pas survécu au temps.
Si c’était réellement le cas, les questions de savoir si nos ancêtres chassaient le lion et pour quelles raisons se posent. S’agissaient-ils d’une pratique avant tout alimentaire, d’une pratique culturelle (comme la chasse au trophée moderne) voire peut-être spirituelle (la symbolique du lion existait peut-être sous une forme ou une autre).
Il est toutefois possible que les quelques trouvailles de restes de lion des montagnes soient plus liées à des découvertes fortuites d’animaux déjà morts ; les humains préhistoriques auraient donc pu simplement faire usage des dépouilles. Quoi qu’il en soit, il semblerait que la pratique de décoration d’intérieur avec des peaux tendus ait déjà existé à cette époque reculée…

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Le siège de Titus révélé par ses munitions

Comme un testament de la véracité des dires des anciens historiens tel Flavius Josèphe, des fouilles archéologiques ont révélé des traces d’un ancien siège monumental dans l’ancienne province romaine de Judée.

L’année est 69 après J.C., dans une période que les historiens actuels appellent la Première Guerre de Judée, après qu’une révolte contre l’hégémonie romaine ait mis en déroute plusieurs contingents de légionnaires et les provinces de Judée et Galilée alors passées sous contrôle Juif, la situation change. Titus fils du nouvellement nommé Empereur Vespasien, est nommé responsable de la Guerre de Judée à la place de son père. En 70, il marche sur Jérusalem avec quatre légions et des renforts pris dans d’autres colonies, ce qui comptabilisent environ 50 000 hommes. En face, Jérusalem était tenue par diverses factions Juives totalisant environ 23 400 hommes. Entre mai et octobre de 70, les Romains assiègent la ville et percent successivement les trois rangées de murs avant de finalement atteindre le cœur symbolique de Jérusalem, son Temple.

Site de fouille russe à Jérusalem, les pierres sphériques sur la droite sont les munitions des frondes ou balistes romaines (appelées balles, comme pour les armes à feu) et à gauche la base du fameux troisième mur de Jérusalem (crédit : Yoli Shwartz des Israel Antiquities Authorities)

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L’actu en science – 15 octobre

Salut à toutes et à tous,
comme vous le voyez Sci&fi change progressivement, nouvelle bannière, nouvelle structure et maintenant un format plus « web » aux actualités. C’est aussi un peu la raison de notre absence d’actualités en début de mois, le singe de l’espace qui devait s’occuper du code ne s’y connaissait qu’à peine ! Enfin, bref, pour nous rattraper on va aborder beaucoup de sujets cette semaine. On va parler du sacrifice que font les mâles d’une certaine espèce d’araignée, apparemment croquer papa permet à maman d’avoir de plus beaux bébés.

La femelle et le mâle de l'espece ????

La femelle et le mâle de Dolomedes tenebrosus

Auto-sacrifice paternel

Les mâles de l’espèce Dolomedes tenebrosus, une fois la copulation achevée, meurent spontanément et sont cannibalisés par la femelle. En laboratoire, il a été montré que cette consommation du mâle produit de jeunes araignées plus grosses, résistantes et nombreuses. C’est un mystère biologique puisque même en offrant à la femelle un criquet de taille comparable (et donc une source de nourriture à priori comparable), ces bénéfices sur la progéniture ne sont pas visibles. Reste à comprendre ce qui peut pousser les mâles à se sacrifier et pourquoi c’est uniquement la consommation du mâle par la femelle qui donne une descendance plus vivace.

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Attention au lait sur le feu

Pot en terre retrouvée au Danemark (crédits : Musée de Silkeborg)

Pot en terre retrouvée au Danemark (crédits : Musée de Silkeborg)

C’est une histoire dont on a jamais entendu parler mais qui a dû faire du bruit dans un lointain passé…

Tout commence avec la découverte d’un pot en terre dans une fosse, équivalent de notre décharge moderne, au Danemark. Datant de l’âge de Bronze (vers -1000 ans avant J.-C. au Danemark), ce pot est en très bonne conditions, ce qui a ravi et étonné les archéologues, puisqu’on ne retrouve que très rarement des objets du quotidien qui n’aient pas été jetés car ils étaient abîmés. Après nettoyage, ils ont remarqué une substance qui paraissait brûlée au fond. Au lieu de restes carbonisés noires, ils ont pu s’apercevoir, en frottant un peu, qu’ils avaient là une sorte de croûte blanche-jaune.

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Les Vikings à l’assaut du monde

Les Vikings sont les premiers Eurasiens à avoir « découvert » l’Amérique.

Car oui, les Vikings, en redoutables navigateurs qu’ils étaient, ont mis pied sur la côte Est de l’Amérique bien avant que Christophe Colomb ne le fasse. Régulièrement, on entend que d’autres avant eux l’ont fait (les chinois par la côte ouest notamment). A Sci&Fi, on ne croit que ce que l’on voit, et là en l’occurrence il y a des preuves. Des preuves archéologiques : l’Anse aux Meadows. On sait aussi comment ils appelaient cette nouvelle région, le Vinland (la terre où pousse la vigne). Le plus épatant est que ces faits se sont passés il y a plus de 1000 ans.
Désolé, MM. Colomb et consorts, vous ne pouvez pas prétendre au titre de découvreurs des Amériques.
Sci&Fi
Infographie sur l'archéologie et la présence des Vikings en Amérique - Vinland
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