Tag Archive: Ecologie

L’actu en Science – 22 juin

Salut à toutes et à tous,
Cette semaine on couvre le fait que l’acupuncture serait aussi efficace que la pharmacothérapie dans le traitement de certaines douleurs et aussi que la chasse à la fourmi dans la forêt tropical sud-américaine semble être beaucoup plus analogue à un réseau social qu’à une débauche d’opportunisme.

La petite aiguille serait-elle aussi efficace que des petite pilules dans le traitement anti-douleur ? (via Wikimedia)

L’acupuncture, l’anti-douleur sans effet secondaire ?

Dans une grande étude menée dans quatre hôpitaux australiens sur presque 2000 patients, des chercheurs rapportent que, dans certains cas, l’acupuncture pourrait remplacer le traitement analgésique pharmaceutique.

Sur un total de 1964 patients admis entre janvier 2010 et décembre 2011 pour des douleurs aiguës dans le bas du dos, due à une migraine ou suite à une foulure de la cheville, les médecins ont pu observer que la solution pharmaceutique ne valait pas mieux que l’acupuncture. Les patients étaient choisis si il rapportait une douleur de 4 sur une échelle de 10. Une heure après le traitement qu’il soit d’acupuncture, de prise de molécule analgésique ou un mélange des deux, environ 16% des patients se sentaient mieux et un autre 40% ressentait moins de douleurs. L’étonnante observation des chercheurs est qu’il n’y avait aucune différence quel que soit le traitement administré.

Cela ouvre donc potentiellement la porte à l’utilisation plus extensive de l’acupuncture en milieu hospitalier dans le cadre de la gestion de certaines douleurs. En effet, contrairement à des molécules telles que le paracétamol et les produits à base de morphine, l’acupuncture n’aurait pas d’effets secondaires ni de contre-indication.

 

Motmot de Lesson (Momotus lessonii) observé durant les études de terrain (Crédit : Sean O’Donnell/Drexel University)

Une union sans prise de bec

Lorsque une abondante source de friandise ne survient que de manière temporaire et très localisée alors mieux vaut s’organiser pour toujours être au courant. Et c’est exactement ce qui a été observé chez les Motmot de Lesson (photo) et d’autres espèces d’oiseaux se nourrissant de ou grâce aux fourmis.

En un sens, les réseaux sociaux ne sont pas exclusifs aux humains. Au Costa-Rica certaines espèces, tel le Momotus lessonii, s’organisent pour toujours être au courant des “Apéro Tweet” près de chez eux. Ceux-ci ont lieu à l’improviste lorsque les fourmis légionnaires de la région sortent en groupe, pour migrer ou chercher de la nourriture. Celles-ci sont alors des proies aussi nombreuses qu’aléatoires ; certains oiseaux se sont même spécialisés non dans la chasse de fourmis mais dans le vol des proies que ces dernières ont trouvé et ramènent à leur nid. C’est pourquoi il est important pour ces oiseaux de savoir être à l’écoute de leur réseau pour ne pas louper l’aubaine quand elle se présente.

C’est la structure de ces groupes qui a été observé en cherchant à savoir si il y avait un effet de réseau entre et au sein des espèces d’oiseaux. Le chercheur n’a pas mis en évidence de coopérations explicites inter-espèces mais il semble bien que certaines s’évitent alors que d’autres chassent ensemble. Certaines, encore, reconnaissent les cris d’espèces d’oiseaux fourmiliers ayant repéré une colonie et s’invitent au festin. Il a même été observé que des réseaux étaient plus étendus que d’autres. Chez le Fourmilier ocellé (Phaenostictus mcleannani), par exemple, les oiseaux savants ou expérimentés montrent aux pus jeunes où se trouvent les nids de fourmis. C’est donc tout un réseau “sociaux” qui s’est organisé autour de cette source de nourriture abondante mais peu fréquente dont il semble que chacun puisse profiter à condition d’être à l’écoute.

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Référence :
Cohen et al. (2017) Acupuncture for analgesia in the emergency department: a multicentre, randomised, equivalence and non-inferiority trial. Medical Journal of Australia.
O’Donnell (2017) Evidence for facilitation among avian army-ant attendants: specialization and species associations across elevations. BioTropica.

L’Evolution en marche : des Blennies sortent de l’eau

Récemment, en regardant je ne sais plus quelle vidéo sur le net, j’ai eu le malheur d’en regarder les commentaires. Quelle n’a été ma surprise lorsque j’ai pu y lire des personnes (en français, hein !) qui émettaient des doutes sur la Théorie de L’Evolution. Les personnes émettant ces avis se basaient en grande partie sur le fait qu’elle n’était qu’une « théorie ». En effet, dans le référentiel du langage commun (par opposition à scientifique) une théorie ne serait qu’une « connaissance que purement spéculative » (Définition du Larousse). Outre l’envie de me taper la tête contre un mur face à cette bêtise, je me dois ici de placer une citation de notre cher Neil deGrasse Tyson :

« The good thing about science is that it’s true whether or not you believe in it.

Autrement dit, la science est véridique que vous y croyez ou non. Je le répète, que vous fermiez les yeux, que vous choisissiez de ne pas croire aux faits, ces phénomèmes existent ; ils se passent d’ailleurs bien de votre opinion. Est-ce que présenter des cas ou la théorie de l’évolution est manifeste peut aider certain(e)s à comprendre leur erreur ? Espérons.

Trois des quatres espèces de Blennies en cours d’évolution. les deux premières sont amphibies alors que la troisième est maintenant plus ou moins « terrestre » en restant dans la zone supra-littoral. (crédits : C. J. Fulton, Figure A1 de l’article originel)

Coincidence, il se trouve que quelque jours plus tard je trouvais un article sur des espèces en « cours d’évolution » ; des poissons qui commençait à faire une transition entre la mer et la terre…

C’est, en effet, l’une des grandes étapes dans l’évolution de la vie sur notre planète, environ 90 millions d’années après la colonisation de la terre ferme par les premières proto-plantes, les premiers animaux ont suivi la colonisation de cet espace alors inhabité, et pourtant l’on en sait que peu de choses sur les raisons de cette transition. Qu’est-ce qui a pu pousser des créatures aquatiques à émerger ? Il faut le rappeler les espèces aquatiques respirent via des branchies ou tout du moins dépendent de l’oxygène dissout dans l’eau, adaptée à la vie marine leur peau se déssèche très rapidement et que dire de la reproduction ? Il y a fort à parier que vous avez déjà vu des oeufs de poissons ou de grenouilles, fragiles, sans coquilles. Ainsi, les espèces ont du adapter absolument tout leur mode de fonctionnement afin de s’adapter à un milieu aérien où tout peut se dessécher… Les hypothèses sont multiples mais par un hasard des choses, il est en une, au moins, qui soit démontrable car une évolution mer-terre se produit en ce moment même, à notre époque.

Dans l’archipel des îles Cook (Océan Pacifique), on trouve quatre espèces de poissons assez particuliers. De la famille des Blenniidae dont le nom vernaculaire est Blennies à dents de peignes, quatre espèces de quatre genres différents ont la faculté de survivre pendant un certain temps en dehors de l’eau. L’une d’entre elle (Alticus simplicirrus) ne passe presque plus de temps dans l’eau et préfère rester dans la zone supra-littoral. Cette dernière est la zone qui n’est inondée qu’en cas exceptionnels mais reçoit continuellement des embruns, elle reste donc humide en permanence.

En fait, il est généralement dur de déterminer pourquoi une espèce est poussée à changer d’environnement. Dans leurs cas, une équipe de recherche à effectuer un simple test avec des faux poissons en latex avec des motifs colorés ressemblant à ceux typiques des espèces mentionnées. Ils ont positionnés ces faux dans différentes zones où les blennies sont observés ; ces poissons, comme on le voit sur l’image ci-contre, ont les couleurs et les motifs adaptés pour se fondre sur les rochers. En laissant les faux pendant trois jours sur place, les scientifiques ont pu constater lesquels avaient des traces de morsures ou de déchiquetages laissés par des prédateurs. De cela, l’équipe en a a conclu que cette adaptation à la terre ferme leur permet de survivre bien au-delà de la zone oú leurs prédateurs, eux, peuvent survivre. La majeure partie des Blennies factices posés dans l’estran (la zone entre les marées hautes et basses) s’étaient fait croqués alors qu’une toute petite fraction d’entre eux avait été attaquée par des oiseaux dans la zone supra-littoral. Ainsi, en somme, leur choix de s’échouer volontairement dans un zone non-inondée à marée haute leur permet de survivre bien mieux.

Mais ce que l’on observe ici est assez étonannt puisque ces espèces ne possèdent aucun trait leur facilitant la vie sur la terre ferme. En effet, elles respirent toujours par leur branchie (et dans une certaine mesure par leur peau), elles doivent à minima rester humide pour ne pas souffrir et leur alimentation est constituée d’algues microscopiques qui doivent elles aussi être régulièrement humectées. On le voit bien, ces espèces n’ont pas de capacités particulières pour le moment. Il est en revanche possible que, les générations passant, de nouveaux traits émergent rendant leur vie dans cette zone plus facile. Cela n’en reste pas moins un cas d’évolution en cours. Ce cas-ci est facile car il est possible de déterminer que ces espèces proviennent de la zone supra-littoral où d’autres espèces de cette famille n’ont pas fait la transition vers la terre et il est facile de comprendre que la pression exercée par les prédateurs a pu favoriser ce comportement d’évitement. Un exemple rare et surtout actuel de transition entre la mer et la terre qui permet par la même de penser que la première espèce de poissons (telle le Tiktaalik, l’un des possible ancêtres communs aux tétrapodes) à avoir émerger de l’eau l’aurait fait afin d’échapper à ses prédateurs.

Si jamais l’on vous rétorque qu’il n’y pas de preuves de la Théorie de l’Evolution, vous pourrez toujours renvoyer le malappris à cet exemple.

Le Tiktaalik, l’une des possibles espèces qui fait le lien entre les poissons et le reste des animaux terrestres. C’est ‘un des candidats d’ancêtre commun des tétrapodes. Comme les Blennies actuels il aurait pu sortir de l’eau et utiliser la zone supra-littoral de manière temporaire afin d’échapper à ses prédateurs (crédit : wikimédia).

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Référence :
Ord, T. et al. (2017) Ecological Release from Aquatic Predation Is Associated with the Emergence of Marine Blenny Fishes onto Land. The American Naturalist.

 

Le macaque de Gibraltar

L’Homme n’est pas le seul primate présent en Europe. Si vous êtes déjà allés à Gibraltar, vous n’avez certainement pas raté l’une des attractions majeures du Rocher, les macaques. Si vous n’y êtes pas allés, alors sachez que ce sont les seuls singes sauvages d’Europe ! Explorons plus en détails ce qu’ils sont.

Infographie sur le macaque de Gibraltar, écologie, évolution et introduction

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